LE VOYAGE PAR L'IMAGE

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MAROC : Marrakech N° 5 - La Fantasia

 

Dans l’immédiat, j’avais une urgence, celle de passer par ma salle de bains pour y réparer la fatigue de la journée et honorer par l’élégance de ma tenue, la soirée fantasia que j’avais retenue auprès de mon voyagiste marocain.


Heureusement que nous n’étions pas nombreux sinon, j’aurais dû jouer aux devinettes pour reconnaître mes compagnons de voyage. Hommes et femmes avaient abandonné shorts et pantalons pour arborer des vêtements qui leur donnaient à tous l’air de jouer un rôle.


Je suppose qu’ils devaient penser la même chose de moi. Les exclamations admiratives et chaleureuses d’un couple de Lyonnais avec lequel j’avais sympathisé me le confirmèrent.
Jeunes retraités, ils avaient décidé de s’offrir deux voyages par an pour découvrir un monde qu’ils ne connaissaient que par les images vues à la télévision ou admirées dans les livres.
Ce couple, tolérant, érudit, intelligent, détonait un peu au milieu de notre groupe « bon chic, bon genre » qui affichait un désagréable esprit colonialiste quelque peu dépassé.
Je ne me fis guère prier quand ce charmant couple me convia à les rejoindre.


Notre véhicule rapidement plongea dans la campagne environnante. Au fil des kilomètres, l’obscurité chassait les dernières lumières.


Nous arrivâmes enfin devant un hôtel illuminé comme un sapin de Noël. Le personnel revêtu du costume exigé pour la fantasia accueillait les groupes qui s’avançaient. Notre guide dirigea le nôtre vers une des terrasses situées face à la scène.


Avant que le spectacle ne débute, des plats aussi succulents les uns que les autres défilèrent sur nos tables. Je me souviens de légumes artistiquement disposés sur des plats colorés, du couscous dont les petites graines s’écrasaient sous ma langue et des pâtisseries sucrées. Quel festival d’odeurs, de couleurs, de saveurs !

 

 

 

 

La fantasia est un spectacle guerrier qui rencontre encore aujourd’hui un énorme succès auprès des touristes.

 

 

 

 

Il faut dire que les cavaliers ont une belle allure sur leurs montures. Fièrement assis sur leurs selles délicatement brodées, ils sont armés de fusils à crosse dont les canons sont richement décorés. Penchés, bien dressés sur leurs étriers, les cavaliers lancent leurs destriers à l’assaut des ennemis supposés en lâchant une charge de poudre, appelée baroud, en arabe.
Le tumulte et le bruit au cours de cette manifestation sont toujours importants. Ce qui suppose bien sûr que la photographier relève presque de l’exploit.

 

 

 

Cavaliers d’une fantasia

 

 

 

 

L’architecture raffinée de l’hôtel, le mobilier ouvragé, les tentures richement ornées de délicats et compliqués motifs, la beauté des habits traditionnels arborés par le personnel, la chaleur de l’accueil réservé, le déroulement de la fantasia, ont contribué à maintenir la quasi-totalité du groupe dans un silence songeur. Notre notre charmant guide l’a qualifié de profonde fatigue au moment de nous souhaiter une bonne nuit.
Je pense que nous avions tous le sentiment d’avoir vécu un moment d’exception qui se définissait en un seul moment : partage.

 

Cette photo qui ressemble à une fresque est une autre façon de faire revivre ces scènes que seul le talent d’un peintre pourrait immortaliser.

 

 

 

Cavaliers d’une fantasia

 


 

 

 

 

PS

Le prochain récit,   le n°6,    évoquera la Médersa Ben Youssef.



19/03/2012
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