LE VOYAGE PAR L'IMAGE

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MAROC : Marrakech N° 2 - La place Djemaa-el-Fna

 

 

 

 

Le partenaire marocain de mon voyagiste, consulté le lendemain de mon arrivée, m’avait suggéré d’ajouter aux excursions que j’avais envisagées, une promenade en soirée et en calèche sur la place Djemaa-el-Fna.

 

Un rendez-vous avec ceux qui avaient choisi cette prestation était prévu devant le hall de l’hôtel. À l’horaire fixé, quelques touristes fraîchement arrivés attendaient, comme moi, l’arrivée d’un mini bus, sensé nous déposer place Djemaa-el-Fna.

 

La nuit étoilée étendait son grand manteau sombre sur nos têtes. Un air encore très chaud, nous signifiait que la température ne se résolvait pas à nous abandonner quelques degrés.

 

 

Près de moi, des jeunes femmes arboraient shorts et jupes courtes plus indiqués pour parader sur les bords d’une piscine que conseillés pour flâner en ville. 

 

 

L’arrivée du mini bus interrompit ces observations. Conduit par un chauffeur marocain et accompagné d’un guide d’une élégance telle que je l’imaginais plus dans un film italien que dans un mini bus avec des touristes, nous nous sommes tous entassés à l’intérieur du véhicule.

 

 

Nos noms rapidement vérifiés, le guide nous expliqua que nous nous rendions depuis la Palmeraie où se situait notre hôtel vers la Place Djemaa-el-Fna, centre névralgique de Marrakech.

 

Selon notre accompagnateur, cette palmeraie comptait plus de 100 000 arbres principalement des palmiers, plantés sur plus de 13 000 hectares. L’histoire de cette palmeraie a débuté, nous a précisé notre guide, quand les Almoravides ont pénétré dans Marrakech vers le 12e siècle.

 

 

Elle comprenait des champs, des jardins et des vergers irrigués par des rigoles et des puits qu’alimentaient « les khettaras » (conduites souterraines).

Transformée par l’homme au fil des siècles, la palmeraie est désormais un lieu où palmiers, hôtels de luxe, maisons de grand standing s’affichent pour le plaisir de ceux qui ont les moyens de s’offrir le calme et la verdure, à quelques kilomètres de Marrakech.

 

 

La palmeraie

 

 

Sur la route menant à Marrakech, des hommes et des femmes seuls, des couples, des enfants marchaient.

 

 

Croisés par des mobylettes, ils s’interpelaient d’une chaussée à l’autre, tout en essayant d’éviter quelques ânes rendus nerveux par les charges qu’ils avaient à tirer.

 

 

Des voitures neuves, de marques étrangères, croisaient de vieilles « Peugeot », « Renault » ou « Mercedes » qui avaient eu toutes, en leur temps, leurs heures de gloire, dans d’autres pays et notamment en France.

 

 

Dans des camions à bestiaux, des cris d’animaux retentissaient, couverts par les klaxons des voitures ou des camions.

 

 

Les cars de touristes, qui voulaient respecter la signalisation, étaient talonnés par des véhicules pour qui, le fait de ralentir à un feu rouge, était d’appliquer le Code de la route.

 

 

Parfois, sur le bord de la route, des voitures encastrées, ajoutaient un peu plus de chaos à cette anarchie.

 

 

Je me disais qu’en fait, à 20 heures, à quelques kilomètres de Marrakech, les gens étaient plus nombreux, mais m’offraient un tableau similaire à celui que j’avais vu le jour de mon arrivée.

 

Près de la place DJemaa-el-Fna, nous abandonnâmes notre chauffeur et notre mini bus pour nous approcher des calèches. Notre guide régla avec les voituriers les modalités de la promenade et veilla à notre installation.

 

Il faut savoir que les calèches pour visiter la ville se trouvent, avenue Mohammed-V, près du marché central, dans le quartier du Gueliz, quartier moderne où sont rassemblés les principaux bâtiments administratifs et près des grands hôtels, dans le quartier de l’hivernage. D’autres, stationnent également près du Commissariat de police, à proximité de la place Djemaa el-Fna.

 

Notre calèche prit place derrière d’autres calèches et entama une promenade qui ne m’a laissé qu’un seul souvenir, le passage devant l’hôtel La Mamounia où de nombreuses célébrités y ont séjourné comme Winston Churchill, Richard Nixon, Orson Welles et tant d’autres. Ce palace mythique a été construit par Henri Prost et Antoine Marchisio dans les années 1930, près de la porte Bab el-Jedid.

 

Selon l’endroit, mon nez identifiait, des odeurs de fleurs, de plantes, de parfums, d’excréments d’animaux, d’urine et de mets cuisinés.

 

La promenade achevée, nous nous retrouvâmes près de notre guide pour découvrir la place Djemaa-el-Fna.

La soirée débuta.

 

 

Des cris, des chants, de la musique, des voix, remplacèrent les klaxons de la journée.

 

 

Au-dessus des stands s’élevaient de longues spirales blanches, chargées d’odeurs d’épices, d’aliments cuits. Elles montaient dans le ciel pour se répandre ensuite comme un brouillard sur les têtes des cuisiniers vêtus de blanc qui s’activaient devant les grils ou les bassines remplies d’ingrédients.

 

 

Devant eux, hommes, femmes, enfants, se mêlaient aux touristes et regardaient assis sur des bancs ou debout près des baraquements se préparer des mets dont les fumets chatouillaient agréablement leurs narines.

 

 

Autour des stands se bousculaient des vendeurs ambulants qui proposaient des dentiers, des agrumes, de prédire l’avenir, de dessiner au henné des motifs originaux, d’enrouler un serpent autour du cou, de raconter une histoire fantastique en arabe, de vendre des pistaches, des amandes et quantités d’autres articles.

 

 

Plus loin, quelques privilégiés contemplaient depuis les terrasses des restaurants illuminés, ce théâtre en plein air.

 

 

Les souks proches happaient ou déversaient inlassablement vers la place ceux qui étaient attirés ou lassés par la permanence de ce spectacle. Quant aux boutiques qui entouraient la place, elles rivalisaient toutes d’ingéniosité pour retenir les badauds. La gentillesse des vendeurs, la quantité d’objets proposés, les couleurs, la musique invitaient les curieux à musarder d’une échoppe à l’autre.

 

 

Saoulés de bruits, d’odeurs, fatigués, nous regagnâmes le mini bus.

À travers la vitre du véhicule, je me souviens de ma difficulté à me détacher de cette fresque vivante et à mon regret de l’abandonner.

 

Y revenir m’a semblé évident !

 

 

J’ignorais encore comment, mais cette certitude s’imposait à moi avec une exigence jamais éprouvée lors de mes précédents voyages.


 

Avec le recul, je pense que cette place, ce soir-là, a participé à l’envoûtement exercé sur moi par la ville de Marrakech.

J’avais hâte de me retrouver au lendemain avec l’espoir insensé de tout visiter !

 

Je ne savais pas encore que de 2002 à 2010, le Maroc m’attirerait comme un aimant me faisant parcourir quelques villes du nord, du centre, de la côte atlantique et du sud.

 

 

 

 

 

 

Ps :

Suite — récit n° 3 — Les tombeaux Saadiens.

 

 

 

 

 



27/01/2012
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